Informations sur ce site au 27 mars 2021
Ce guide est complet. Le texte des pages sur le Quartier du Parc sont à ajouter aux photos de pages

Brochure publiée en mai 1996

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

 


GENESE DE LA DÉFENSE

En 1950, la France se relevait de la guerre et le ministre de la Reconstruction, Eugène Claudius-Petit, demanda à trois grands architectes de lui proposer un schéma d'aménagement de la région de La Défense pour y organiser une Exposition Universelle en 1958. L'exposition  se fit à Bruxelles, mais le schéma d'aménagement proposé par Camelot, de Mailly et Zehrfuss conforta l'idée qu'un nouveau quartier, vitrine de la France moderne, y aurait sa place.

La Fédération des Industries Mécaniques possédait un terrain triangulaire donnant sur le rond-point de La Défense. Ayant eu vent du projet, son président, Emmanuel Pouvreau demanda tout naturellement  aux trois architectes de lui étudier un projet de grand palais des expositions et de l'intégrer dans l'aménagement global du futur quartier. Ainsi naquit le CNIT (Centre National des Industries et des Techniques). Son architecture audacieuse avait été voulue pour symboliser le dynamisme et le savoir-faire de l'industrie française renaissante.

LES PIONNIERS

Robert Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zerhfuss, tous trois Grand Prix de Rome, proposèrent en 1956 de prolonger l'axe historique en le bordant de grands immeubles de bureaux et de logements reliés par des passerelles. Le CNIT faisait face à un immeuble de 250 mètres de haut. Le rond-point et la statue de La Défense étaient conservés.

Emmanuel Pouvreau réussit à trouver les financements et à convaincre ses partenaires industriels de réaliser ce pari technique et architectural qu'était le CNIT. Inauguré en 1958 par le Général de Gaulle, il restera pendant près de dix ans le seul édifice de La Défense. Mais quel monument... Il contribua largement à faire connaître La Défense à travers le monde. Convaincue par les instances gouvernementales et la présence du CNIT, la firme ESSO acheta un terrain dès 1957 pour y installer son siège social parisien.

C'est en 1958 que le gouvernement lance l'opération de La Défense. Il crée un organisme pour la mener à bien, l'Etablissement Public d'Aménagement de la région de La Défense (EPAD). Il lui confie la mission de réaliser le quartier d'affaires qui fait défaut à la capitale.
Un périmètre de 750 ha lui est confié sur les commune de Courbevoie, Nanterre et Puteaux.

LA PREMIERE GÉNÉRATION DE TOURS

Un nouveau plan est mis au point en 1960 par les  architectes de l'Epad en collaboration avec Camelot, de Mailly et Zerhfuss. Approuvé en décembre 1964, il reprend les principes fonctionnalistes issus de la Charte d'Athènes. Afin de conserver une cohérence architecturale à La Défense, toutes les tours de bureau doivent respecter les mêmes règles. Les dimensions prescrites étaient de 24 par 42 mètres à la base sur 100 mètres de haut, ce qui correspondait à une trentaine d'étages de chacun 1000 m2 environ. Chaque maître d'œuvre était libre d'imaginer une architecture qui lui était propre à condition de rester dans cette forme. Ainsi naissent dès 1967 les tours dites de la première génération, comme Nobel (devenue Roussel-Hoescht) et Aquitaine (devenue AIG), les premiers "gratte-ciel" parisiens.

Les immeubles de logements ne doivent pas dépasser une dizaine d'étages. Ils sont prévus devant les tours pour bénéficier du soleil. De forme carrée, ils sont ouverts sur un patio-jardin au centre. La résidence Boïeldieu de Gilbert et Rabaud et la Résidence Lorraine de Camelot sont les premiers du genre. Par la suite, ces règles évoluèrent.

LA DEUXIÈME GÉNÉRATION

En 1969, l'expansion économique et la demande en bureaux deviennent tels que l'Epad reçoit l'autorisation de doubler la superficie de son parc d'immeubles. Un nouveau plan-masse est établi. Pour accueillir 1,5 million de m2 de bureaux, les tours peuvent atteindre deux cent mètres de haut et elles prennent de l'épaisseur : d'immenses "plateaux paysagers" voient apparaître des bureaux éclairés en "deuxième jour", sans accès direct à la lumière naturelle. Pendant les années 70 s'érigent ainsi les plus grandes tours dans le ciel du quartier d'Affaires comme GAN, FIAT (devenue FRAMATOME), ASSUR.

Les immeubles de logements aussi se mettent à grandir : Défense 2000 comporte 47 étages et dans le quartier du Parc, onze Tours-Nuages d'Emile Aillaud  dépassent 100 mètres.

Aux difficultés économiques liées à la crise pétrolière de 1973 s'ajoute une campagne d'opinion contre les tours et les bureaux paysagers. Les immeubles construits restent vides. L'EPAD ne vend plus de droits de construire. De 1974 à 1978, La Défense connaît une crise grave, mais le gouvernement décide de poursuivre et de relancer l'opération par une fiscalité avantageuse.

LA TROISIÈME GÉNÉRATION

Ce qui avait provoqué la crise sera retourné au bénéfice de La Défense. L'EPAD met en place un nouveau plan d'aménagement. Architectes et promoteurs s'efforcent de répondre aux nouveaux besoins des entreprises. Plus confortables (tous les bureaux sont en premier jour), plus économiques (les charges sont réduites), adaptés aux nouvelles technologies, tels sont les immeubles de la troisième génération.

Pour répondre aux exigences nouvelles, les architectes doivent faire preuve d'imagination et inventer de nouvelles lignes (les Miroirs). Certains sont moins hauts, mais d'autres culminent à près de 200 mètres (ELF). Quant aux promoteurs, ils commercialisent les bureaux avant de les construire.

1989 ET APRÈS

L'histoire de La Défense se poursuit. En 1989, la Grande Arche, véritable monument du XXème siècle, conforte la dimension internationale du quartier d'affaires et ouvre la perspective sur de nouveaux aménagement que doit réaliser l'EPAD sur son périmètre à Nanterre.

Le quartier Valmy (La Défense 7) en est la première étape. Les tours jumelles de la Société Générale en marquent l'aboutissement. Depuis ESSO, le premier immeuble d'acier et de verre de Paris, La Défense offre aujourd'hui la vitrine exceptionnelle de cinquante années d'architecture française, avec ses contrastes, ses forces et ses faiblesses.

Demain, de nouveaux immeubles remplaceront les plus anciens... L'histoire n'est pas achevée.


LES TROIS ARCHITECTES DU CNIT

Robert Camelot (1903/1993)
Architecte DPLG, Grand Prix de Rome en 1933, Robert Camelot devient Architecte en Chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux après avoir travaillé aux Etats-Unis où il a beaucoup appris sur la construction des tours de grande hauteur. Etablissant le plan de La Défense, il propose dès 1957 d'édifier une tour de 250 mètres de haut en face du CNIT. Par la suite, il  participe à tous les concours Tête Défense sans jamais réussir à être lauréat ni à construire une tour de bureaux à La Défense. Devenu Architecte-conseil de l'EPAD en 1958, il conçoit la Résidence Lorraine et l'îlot Corvée.

Jean de Mailly (1911/1975)
Issu d'une famille d'architectes, Jean de Mailly occupe les postes les plus prestigieux de sa profession. Architecte en chef des Bâtiments nationaux en 1948, il est ensuite architecte-conseil de plusieurs ministères et organismes publics dont l'EPAD. Il reçoit de nombreuses commandes publiques. Premier Grand Prix de Rome en 1945, il marque de son empreinte l'architecture des années 50/60 : des formes pures d'une grandeur parfois sévère, et un fonctionnalisme aujourd'hui controversé pour certains de ses immeubles de logements. Avant la création de l'Epad, il conçoit le quartier Bellini et la tour Nobel (devenue Roussel-Hoechst), la première tour de bureaux de la région parisienne. Il crée ensuite plusieurs des tours marquantes de La Défense.

Bernard Zehrfuss (né en 1911)
Architecte DPLG et Premier Grand Prix de Rome en 1939, le talent de Bernard Zehrfuss lui permet de devenir Architecte en Chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, puis membre de l'Institut. Une de ses œuvres les plus connues est le Palais de l'UNESCO à Paris. Après avoir contribué à concevoir le plan de La Défense, il devient architecte-conseil de l'EPAD à sa création. A La Défense, il ne construit rien d'autre que le CNIT en 1958 ; il participe à sa rénovation en 1987 comme conseil auprès d'Andrault et Parat.


LE CNIT

Lors de sa construction, le CNIT étonne le monde par son audace. Sa voûte haute de cinquante mètres construite sur un triangle équilatéral de 218 mètres de côté pourrait recouvrir la place de la Concorde.
Conçue par l'ingénieur Nicolas Esquillan, la voûte est constituée d'une série de "tubes" cloisonnés en béton armé accolés et rayonnants à partir de chaque culée. Chaque fuseau est formé par deux coques très minces (6 cm d'épaisseur) reliées par des âmes et des tympans préfabriqués. Cette double coque possède de nombreux avantages : isolation thermique et phonique, sécurité pour l'étanchéité, câbles camouflés, et passage d'hommes possibles pour l'entretien.
La voûte repose sur trois culées de béton ancrées dans le sol qui sont reliées entre-elles par 44 tirants constitués de câbles en acier spécial pesant 84 tonnes chacun.
Chaque fuseau (joignant en étoile les trois culées à la clé de voûte) a été coulé sur un coffrage en contre-plaqué supporté par un échafaudage spectaculaire : il a nécessité trois cents kilomètres de tubes et deux mois de montage. Le décoffrage a été tout aussi exceptionnel : la voûte a été "décollée" de son coffrage, soulevée par dix vérins s'appuyant sur chacune des trois culées. Chaque jeu de vérins aurait été capable de soulever les 3.000 tonnes de la tour Eiffel. Puis la structure tubulaire montée sur roulettes était glissée sur le côté pour être réutilisés pour le fuseau suivant.
La voûte est sensible aux variations de température et se dilate : sa hauteur peut varier de 25 cm entre l'été et l'hiver. Par forte pluie, les eaux qui s'écoulent vers les culées peuvent atteindre un débit de 20 mètres cube par minute...
Le premier mètre cube de béton a été coulé le 8 mai 1956 et le CNIT a été inauguré le 12 septembre 1958. Entre ces deux dates, près de 30.000 m3 de béton ont été mis en œuvre par les entreprises Balency et Schuhl, Boussiron, Coignet qui ont relevé et gagné ce défi technique.
Les façades en verre sont tenues par des profilés très minces en acier inoxydable. Conçues par Jean Prouvé, elles sont classées monument historique et ont été restaurées lors de la transformation du CNIT en 1987.

LES DEUX ARCHITECTES DE LA GRANDE ARCHE

Johan-Otto von Spreckelsen

Né en 1929 au Danemark et diplômé de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague en 1953, Johan-Otto von Spreckelsen est devenu directeur du département architecture de cette école en 1978.  Il a fait des études approfondies en Europe, au Proche-Orient et aux États-Unis, orientées particulièrement sur les mosquées et autres architectures de grande envergure. Il a également réalisé des études historiques sur les travaux de Le Corbusier, Franck Lloyd Wright, Alvar Aalto et d'autres architectes du XXe siècle. Von Spreckelsen a très peu construit : une église, quelques maisons et l'Arche. Affaibli par un cancer, il démissionne en mai 1986 et décède en mars 1987, avant l'achèvement de la Grande Arche.

Paul Andreu

Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et architecte DPLG, il dirigeait l'agence d'architecture et d'ingénierie des Aéroports de Paris qui emploie 300 personnes dont une centaine d'architectes. Il a mené l'étude de l'aéroport de Roissy (1967) et à réalisé  de nombreux autres aéroports dans le monde. C'est Spreckelsen qui a choisi Andreu en 1984 dans une liste de grandes agences parisiennes. Il avait été associé comme mandataire français de la maîtrise d'œuvre dès le début du chantier de l'Arche. Paul Andreu est resté seul architecte de réalisation après la démission de l'architecte danois.


LA GRANDE ARCHE

Par sa position exceptionnelle sur l'Axe Historique de Paris, le site de la Tête Défense a connu des fortunes diverses au fil de l'aménagement du quartiers d'affaires.
Oublié dans le premier plan d'aménagement, il fut par la suite l'objet de la sollicitude des chefs d'état qui se succédèrent à l'Elysée.
Un projet signé Peï retint l'attention du Général de Gaulle, puis Aillaud pour le Président Pompidou et enfin Willerval pour Valéry Giscard d'Estaing.
A son arrivée au pouvoir, François Mitterrand fit table rase du passé et inscrivit "Tête Défense" dans le cadre de ses grands projets d'architecture. L'EPAD lança en 1982 un concours international d'architecture. 424 architectes du monde entier présentèrent un projet. Le jury en retint quatre qu'il présenta au Président de la République. L'un d'entre-eux s'imposa par sa force, sa simplicité, sa pureté. Le concours était anonyme et lorsqu'on ouvrit l'enveloppe, on découvrit le nom d'un architecte danois quasi inconnu : Johan Otto von Spreckelsen.

Pour construire les 35 étages de l'Arche, il eut à vaincre de nombreuses difficultés qui se transformèrent en autant de performances. Par exemple, ce cube creux de 100 m de côté a été conçu comme une mégastructure indépendante. Elle repose sur 12 piliers qui supportent les 300.000 tonnes du bâtiment ; intercalées entre les piliers et la mégastructure, des plaques de néoprène absorbent les vibrations et les variations dimensionnelles. Les façades extérieures sont couvertes de 2.800 panneaux en vitre optique (sans déformations des reflets). Chacun pèse (et coûte) l'équivalent d'une petite voiture : il a fallu trouver une technique pour les faire tenir de manière invisible. Les poutres en béton précontraint de 70 m supportant le toit d'un hectare ont été coulée à 110 m de haut, avec une précision de l'ordre du millimètre. Leur fabrication a nécessité l'invention d'un béton spécialement résistant à base de fumée de silice.

L'Arche n'est pas totalement de face par rapport à l'Axe. Cette inclinaison a été voulue par l'architecte : il désirait que l'on comprenne le volume cubique en apercevant une face intérieure et extérieure. L'angle choisi est de 6,3° le même que celui du Louvre où commence l'Axe. Le sens de l'inclinaison a été dicté par l'emplacement des piliers au sol qui est encombré de routes et voies ferrées.

Le destin voulut que von Spreckelsen ne vit pas l'achèvement de son œuvre. La maladie l'emporta en 1987. Paul Andreu, architecte attitré des Aéroports de Paris avait été nommé mandataire français de la maîtrise d'œuvre pour assister l'architecte danois. Il mena seul le chantier jusqu'à son terme.

Commencée en 1985, l'Arche a été inaugurée le 14 juillet 1989 pour le bicentenaire de la Révolution française. Monument architectural, la Grande Arche a aussi une force symbolique marquée par la présence dans son toit de la Fondation "L'Arche de la Fraternité" dépendant des Droits de l'Homme.

Identique vue de l'ouest comme de l'est, la Grande Arche a pesé lourd dans la décision de poursuivre l'aménagement de l'espace qui va de ses pieds à la Seine à Nanterre. Déjà, en 1983, Von Spreckelsen  écrivait de manière prémonitoire dans la présentation de son projet : "La Grande Arche est un cube ouvert, une fenêtre sur le monde, comme un point d'orgue provisoire sur l'avenir".


Les architectes de La Défense (Affaires et Parc)

ARCHITECTES SELECTIONNES


Emile Aillaud

Né en 1902 au Mexique de parents français, Emile Aillaud revient à Paris en 1910. Il entre à l'atelier Gromort qui lui enseigne l'architecture et lui permet d'obtenir son diplôme à 19 ans. Il applique une devise à son architecture souvent hors normes : "les contraintes sont les appuis de l'invention" ; formes courbes, couleurs vives, percements originaux, ses logements sociaux sont parmi les moins académiques comme les Tours Aillaud du quartier du Parc à Nanterre ou les HLM de Grigny-la Grande Borne. Il fut le lauréat du premier concours pour la Tête Défense en 1972, deux immeubles-miroir concaves, inspirés du four solaire d'Odeillo. Il décède en 1988.


Michel Andrault et Pierre Parat

Michel Andrault et Pierre Parat créent leur agence en 1957 deux ans après avoir reçu leur diplôme DPLG. Leurs carrières suivent un chemin parallèle : Urbanistes SFU, Grands Prix de l'Académie d'Architecture, lauréats de l'Institut de France. Leurs premières réalisations marquent un refus du monolithisme, une recherche du modelé des façades et une affirmation expressive des structures comme pour la tour Totem (1976) sur le Front de Seine ou le Palais Omnisports de Bercy (1984). A La Défense, leur architecture joue avec le reflet des façades-miroir, par grands aplats pour le quartier Michelet, en grandes courbes par la suite (Porte de l'Esplanade, Société Générale, Kupka...).


Luc et Xavier Arsène-Henry (frères) et Schoeller

Elèves de l'atelier Gomort-Arretche, les frères Xavier et Luc Arsène-Henry obtiennent leurs diplômes DPLG en 1946 et 1948 avec mention très bien. Puis, ils consacrent quarante années de leur vie professionelle à appliquer à toutes leurs constructions les techniques de mise en œuvre des bétons de ciment blanc. À La Défense, la tour AIG est réalisée avec ce matériau (coulé en place), tout comme les structures et les façades en panneaux préfabriqués des immeubles Minerve.



Jean Balladur

Après avoir préparé l'Ecole Normale Supérieure, Jean Balladur change d'orientation en 1945 en entrant à l'atelier Expert, aux Beaux-Arts de Paris. Parallèlement, il suit un stage dans l'atelier de Le Corbusier. Architecte-conseil du Ministère de la Construction, enseignant à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et à l'ENSBA, il se voit confier la réalisation des immeubles pyramides de la Grande Motte et de Port-Camargue en 1963, deux ensembles majeurs du littoral languedocien. Il développe une écriture architecturale du béton très novatrice qui ne laisse pas indifférent. Pour l'immeuble SCOR, il tente une approche nouvelle des immeubles de bureaux, libérée des modèles américains.


Jacques Binoux, Michel Folliasson et associés

Architectes DPLG de l'Ecole Nationale de Beaux Arts de Paris, Jacques Binoux est également Master of Architecture du M.I.T. (Massachusetts Institut of Technology) et Michel Folliasson Grand Prix de Rome. Ils réalisent ensemble de nombreux édifices publics comme la Préfecture et la Cité administrative de Seine-Saint Denis et la Chambre de Commerce et d'Industrie interdépartementale de Pontoise. Leurs autres réalisations vont de l'hôtellerie à l'industrie, en passant par les immeubles de bureaux. De1975 à 1990, ils ont construit à La Défense une dizaine de tours et d'immeubles, (bureaux , logements, hôtels), principalement groupés dans le quartier de La Défense 1.


Jean-Pierre Buffi

Né à Florence en 1937 en Italie, Jean-Pierre Buffi est diplômé de la Faculté d'Architecture de la ville. Arrivé à Paris en 1964, où il travaille avec Jean Prouvé puis Serge Ketoff, Il se consacre dès 1967 à l'enseignement de l'architecture aux Beaux-Arts de Paris. Il remporte plusieurs concours (dont l'Ecole nationale d'art à Cergy-Pontoise et l'Institut culturel français à Lisbonne) et de nombreux prix. En 1986, il est lauréat du concours pour les Collines de l'Arche qui est l'une de ses œuvres les plus accomplies. En 1988, la Ville de Paris fait appel à lui pour concevoir le plan-masse et les directives architecturales de la ZAC du Front de parc de Bercy.

Roland Castro

Architecte engagé, Roland Castro est à la fois un penseur critique et un constructeur innovant. Il s'emploie à étudier et apporter des solutions pour humaniser et embellir les banlieues de l'époque rationaliste des années 60/70. Il applique avec succès ses idées au remodelage de quartiers sociaux anciens comme à Lorient, et à ses propres réalisations d'HLM. Son activité est multiforme : il a construit aussi bien des bâtiments publics que des immeubles de bureaux comme dans le quartier Valmy à La Défense 7. Mais quelles que soient ses réalisations, l'utilisateur est l'objet de tous ses soins. Il prône un retour à la rue, à la place, au jardin. Une urbanité à réinventer.


Philippe Chaix et Jean-Paul Morel

Philippe Chaix et Jean-Paul Morel (nés en 1949) sont associés depuis 1983. Dès 1984, il se font connaître avec la salle de concert du Zénith au Parc de la Villette qui leur vaut une mention à l'Equerre d'argent. Ils participent à de nombreux concours dont celui de la Tête Défense (mention) et de la Bibliothèque de France (primé). Leurs réalisations sont très éclectiques : le Musée archéologique de St-Romain-en-Gal, un stade de football d'Amiens (1995), l'Ecole Nationale des Sciences Géographiques à Marne-la-Vallée (1996). A La Défense, ils signent ensemble la Colline de La Défense et le Dôme Imax.


Christian de Portzamparc

Né en 1944, Christian de Portzamparc compte parmi les architectes qui utilisent avec le plus de talent toutes les facettes de la géométrie ; il allie avec virtuosité la ligne droite et les courbes les plus singulières. Sa première œuvre à Marne-la-Valée (1971), un poétique château d'eau en forme de tour de Babel a pris valeur de manifeste pour une nouvelle génération d'architectes, à contre-pied des enseignements professés aux Beaux-Arts. La Cité de la Musique à La Villette, terminée en 1995, marque un tournant : après une série d'œuvres sobres et quasi monochrome, il mélange avec sensualité matières, couleurs et lumière. Elle est primée Equerre d'Argent en 1995. Ces dernières années, il mène surtout une réflexion sur la ville.


Odile Decq et Benoît Cornette

Après les Beaux-Arts (UP6) et un DESS à Sciences-Po, Odile Decq travaille depuis 1985 en partenariat avec Benoit Cornette qui fit des études de médecine avant de devenir architecte. Le siège de la Banque Populaire de l'Ouest à Montgermont (1990), plusieurs fois primé internationalement, les propulse au premier rang de la nouvelle génération d'architectes : non conformistes, ils savent associer avec brio invention plastique et innovation technique. En 1994, l'EPAD leur confie l'étude du Viaduc de l'A 14 et du Centre d'Exploitation des Autoroutes situés à Nanterre.


Jean Dimitrijevic et Lagneau

Né en 1926 à Paris, Jean Dimitrijevic est un professionnel complet : architecte DPLG, il est également Graduate Study in Architecture du Massachusetts Institut of Technology et urbaniste SFU. A ce titre, il conçoit la ville nouvelle d'Edéa au Cameroun et celle de Cansado en Mauritanie (1958). Il se fait connaître en France avec la Maison de la Culture du Havre (1962) et le port de plaisance et les résidences des Marines de Cogolin sur le golfe de Saint Tropez (1971/1987). Très diversifiée, son architecture se caractérise par une grande rigueur de dessin : les lignes droites jouent de leur l'orthogonalité et les aplats de surfaces claires sont tranchés par la géométrie sombre des ouvertures et des ombres portées.


Pierre Dufau, Jean-Pierre Dacbert, Amsler et Stenzel

Pierre Dufau, architecte BCPN, Jean-Pierre Dacbert, architecte DPLG et leurs associés ont étudié et réalisé des projets très divers, tant en France qu'à l'étranger. Des édifices prestigieux tels le Palais de la Présidence à Abidjan, le Royale Belge à Bruxelles, l'Institut Bolivien de Biologie d'Altitude à La Paz, alternnt avec des réalisations françaises comme des centres de recherche pour l'Institut Pasteur à Paris et Marne-la-Coquette, l'immeuble Publicis aux Champs-Elysée, ou les sièges sociaux de plusieurs banques à Paris. A La Défense, ils réalisent les tours Septentrion, Assur et CB 32.


Michel Herbert et Proux

Depuis 1968, Michel Herbert et son équipe ont réalisé à travers le monde une liste impressionnante de plusieurs centaines d'opérations touchant tous les domaines (bureaux, habitat, industrie, enseignement et recherche, santé...) dont la superficie se compte en millions de mètres carrés. Mais que ce soit le Grand Pavois dans le 15ème à Paris ou le luxueux siège social d'AXA, la Caisse d'Allocations Familliales rue Jean-Jaurès ou le Lycée de Rosny-sous-Bois, chaque réalisation est très différente, faisant preuve d'une grande créativité, du même soin du détail et de la finition, et surtout, d'une modernité indémodable, à l'image de la Tour Manhattan qui a déjà plus de 20 ans.


Jean-Paul Viguier, Jean-françois Jodry

Jean-Paul Viguier et Jean-François Jodry, tous deux architectes DPLG et diplômés de Harvard (USA) ont démontré que la jeune architecture française se maintient à un niveau international de tout premier plan. En particulier, en 1983, leurs projets pour la Tête Défense et pour l'Opéra Bastille ont été particulièrement remarqués. Ils ont remporté d'autres concours prestigieux et réalisé par exemple le spectaculaire Pavillon de la France de l'Exposition universelle de Séville (1992) et le très novateur Parc André Citroën (1992) à Paris 15è. La créativité, l'originalité et la qualité de leurs projets leur a valu de nombreux Prix.


Jean-Pierre Jouve, Frieschlander et Mamfredos

Diplômé de l'Ecole Spéciale d'Architecture en 1951, Jean-Pierre Jouve a toujours été passionné par le patrimoine ancien, ce qui lui vaut d'être Architecte en Chef des Monuments Historiques depuis 1970 et d'avoir été chargé de plusieurs secteurs sauvegardés importants. Néanmoins, il a réalisé de nombreux immeubles de logement, principalement à Paris et en région parisienne où son soucis d'intégration architecturale dans le contexte urbain est exemplaire. A La Défense, il a pu donner libre cours à son sens de la modernité avec Vision 80 qu'il a réalisé en collaboration avec Frieschlander et Mamfredos.


Jacques Kalisz

Né à Minsk en Pologne, Jacques Kalisz fait ses études d'architecte DPLG aux Beaux-Arts de Paris où il enseigne pendant 20 ans. Il est conseil aux Affaires culturelles et devient membre de l'Académie d'Architecture. Il a construit de nombreux logements sociaux  (Noisy-le-Grand, La Queue-en-Brie, Evreux...) appréciés pour la qualité des espaces intérieurs et leur architecture d'une diversité sans cesse renouvellée. Ses autres réalisations vont de la patinoire d'Alberville pour les Jeux Olympiques au Foyer de personnes âgées à Evreux. A La Défense, on lui doit le plan initial d'aménagement du quartier du Parc, les immeubles "pyramide" comme le Liberté et quelques équipements comme le Foyer des Jeunes Musiciens qu'il affectionne particulièrement.


Henri La Fonta

Henri La Fonta pratique d'abord la sculpture et la peinture à Biarritz, sa ville natale. Mais sa formation à l'Ecole Camondo le conduit vers l'architecture. Il se forge une expérience dès 1951 au Maroc comme collaborateur d'architecte puis à Paris à partir de1960 où il travaille pour plusieurs bureaux d'étude importants. C'est en 1977 qu'il fonde sa propre agence. Elle s'impose rapidement grâce à la créativité et la rigueur conceptuelle de ses réalisations. A La Défense, il est le principal artisan du renouveau architectural des années 80 en concevant les premiers immeubles de bureaux de 3ème génération, principalement sur le quartier Michelet.


Roger Saubot, Jean-François Jullien, Skidmore et associés

Les architectes DPLG Roger Saubot et François Jullien ont créé leur agence en 1964. Depuis, ils ont construit plus d'un million de mètres carrés de bureaux en France et dans le monde, leur donnant une compétence particulière en ce domaine. Ils ont également réalisé des équipements comme l'Egyptian New TV Center au Caire (1993, 130.000 m2) ou le Viaduc de Tunis. Ils font partie des architectes ayant le plus construit à La Défense. C'est ainsi qu'ils ont conçu presque entièrement le quartier Défense 6 (Framatom, Elf, Technip, etc) en association avec des architectes américains comme Skidmore et Menkès. Certaines de leurs réalisations marquent l'histoire architecturale du quartier d'affaires.


Fernando Urquijo, Giorgio Maccola

Fernando Urquijo est né en 1938 à Buenos Aires où il obtient son diplôme qu'il complète au Case Institut of Technologie (USA). Il devient responsable des programmes architecturaux chez IBM Europe en1970. Giorgio Macola est né à Venise en 1946. Diplômé en 1969 à l'IUA de Venise, il collabore avec Gino Valle en Algérie avant de monter une agence commune en 1976 à Venise. C'est en 1985 que nait l'agence Urquijo/Macola/Valle établie à Paris. Riches de leurs expériences respectives et de réalisations remarquées, ils sont choisis par IBM pour concevoir la tour Descartes dont l'architecture amorce une nouvelle tendance pour les tours de grande hauteur.


Gino Valle

Né à Udine en Italie en 1923, Gino Valle obtient son diplôme de l'Institut Universitaire d'Architecture de Venise où il enseigne plus tard la composition en architecture. Diplômé de Havard en 1952, il devient "visiting critic"de cette université en 1970. Il est membre du "Gestaltung beirat Salzburg" et "Annual Lecturer" à Londres. En 1985, il s'associe avec Urquijo et Maccola à Paris. Son œuvre en Italie, à Berlin, New-York et Paris a été abondamment publiée et exposée dans le monde entier.


Jean Willerval

Depuis 1959, Jean Willerval participe à de grands concours publics. Il remporte l'avant-dernier concours pour la Tête Défense en 1980, mais ses immeubles-cristaux sont arrêtés en1981 par le président F. Mitterrand qui lance un autre concours. Parmi ses nombreuses réalisations, on peut citer le plan de reconstruction de Beyrouth, quatre centrales nucléaires, les Halles à Paris, et trois tours à La Défense (PFA, Total et Descartes). Il est Architecte Conseil du Ministère de l'Urbanisme et du Logement, professeur aux Beaux-Arts de Paris, membre de l'Académie d'Architecture, Grand Prix National d'Architecture... Willerval collectionne des fonctions et des titres mérités pour la qualité de son œuvre.


André Wogenscky

Indéniablement, l'esprit de Le Corbusier transparaît dans l'architecture de la Préfecture et du Palais de Justice de Nanterre. Et pour cause : André Wogenscky a travaillé avec lui comme dessinateur puis architecte-adjoint de 1936 à 1956, date à laquelle il fonde son propre atelier. On lui doit des édifices d'importance comme les Facultés de Médecine des hôpitaux St Antoine et Necker, la Maison de la Culture de Grenoble ou l'Université de Takarazuka au Japon. Il reçoit le Grand Prix National d'Architecture en 1989. Toute sa recherche a été déterminée par la conscience aiguë de la responsabilité de l'architecture pour organiser l'harmonie entre le milieu physique et l'être humain.

Les bâtiments du quartier du Parc (Nanterre)

 

BATIMENTS DU QUARTIER DU PARC

CHAPELLE ST JOSEPH

 Chapelle catholique

Margerand

1933

Cette chapelle d'architecture très simple en briques rouges est le seul vestige de l'ancien quartier qui a disparu pour laisser place au parc et à ses constructions. Autrefois environnée de modestes pavillons, cette chapelle toujours en activité est devenu le point central d'une nouvelle composition urbaine. Etablie sur une petite place, à la lisière entre le parc et les nouveaux immeubles collectifs qui l'entourent en arc de cercle (l'Arc de la Chapelle), elle est le symbole d'une jonction entre deux époques.



ECOLE D'ARCHITECTURE

 10 000 m2 - 4 étages

Kalisz et Salem

1972

Construite dans un quartier encore environné de bidonvilles, sans RER jusqu'en 1975, cette antenne nanterrienne de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts a eu du mal à attirer des élèves. Pourtant, cet édifice qui aujourd'hui a perdu ses couleurs vives, constituait à l'époque une démonstration réussie de Jacques Kalisz : créer une architecture originale aux espaces intérieurs facilement transformables, tout en utilisant des éléments préfabriqués et en respectant des contraintes financières strictes. La structure métallique sert de base au système constructif. Il est conçu comme une combinatoire d'ensembles modulaires carrés qui se superposent sur quatre niveaux. A partir de cette trame rigoureuse, les volumes se décalent les uns par rapport aux autres, créant une composition géométrique où alternent les pleins et les vides, les passerelles et les escaliers, les terrasses et les espaces abrités. Cette composition préfigure le Foyer des Jeunes Musiciens construit non loin de là six ans plus tard.



PREFECTURE DES HAUTS-DE-SEINE et PALAIS DE JUSTICE

 25 étages -100 m - 73 000 m2 - 35 000 M2

Wogensky

1972

Pour André Wogensky, la Préfecture et son bâtiment voisin, le Palais de Justice, doivent exprimer l'importance de ces deux grandes instances de l'Etat. Les deux programmes sont autonomes, mais participent d'une même unité architecturale. La Préfecture est composée d'une tour de cent mètres de haut posée sur un bâtiment de cent mètres de long. L'accès piéton principal devait se faire au niveau du toit terrasse de ce bâtiment : une passerelle était prévue 15 mètres au-dessus des routes pour y accéder directement depuis le parc et le RER. Sans elle, le parti architectural d'origine se trouve amputé. L'influence de Le Corbusier se fait sentir par l'usage des pilotis, du béton laissé brut de décoffrage et des brise-soleil par exemple. Les pignons de la tour sont sobrement décorés par une savante alternance des joints des parements.



THEATRE DES AMANDIERS

 Salle de théâtre, de répétition, bar

Darras, Bedon et Ecochard

1975

En 1969, le bâtiment provisoire de la Maison de la Culture de Nanterre est ouvert sur le lieu-dit Côte des Amandiers. En 1975 est inauguré un peu plus bas le théâtre définitif qui deviendra Centre Dramatique National par la suite. Les architectes ont créé une salle transformable de 800 places dont la vision et l'acoustique sont excellentes. La scène peut entièrement s'ouvrir sur l'arrière, facilitant grandement l'installation des décors. Une salle plus petite sert essentiellement aux répétitions. Le foyer et le restaurant s'ouvrent largement sur le parc André Malraux grâce à de grandes parois vitrées.



LES TOURS AILLAUD

 1 017 ILN - 590 HLM

Aillaud

1977

Les tours Aillaud marquent fortement le paysage du quartier du parc de leurs formes et de leur décor particulier. Toujours controversées, elles s'inscrivent dans le droit fil de la réflexion de l'architecte sur les quartiers d'habitat social. Un de ses premiers objectifs a consisté à laisser le sol aussi libre que possible afin d'y prolonger les plantations du parc vois ; aussi, il a opté pour des immeubles de grande hauteur. Cet ensemble de 1 600 logements sociaux comprend 11 tours de 100 mètres (37 étages) et 10 tours de 50 mètres. Pour effacer ce que le gigantesque pourrait avoir d'impressionnant, Aillaud n'a prévu que 5 appartements par étage. La forme des tours et des fenêtres est suffisamment souple et complexe pour faire apparaître chaque immeuble comme une sculpture différente. La technique constructive employée est inspirée de la construction des châteaux d'eau : les façades ont été montées seules par des coffrages coulissants, les planchers étant posés ensuite. Composé par son gendre, Fabio Rieti , le revêtement en pâte de verre comporte un décor très libre (vert/végétation et bleu/ciel), différent pour chaque bâtiment. Le sol est modelé en collines de briques, de pavés ou de terres stabilisées, offrant une grande variété de situations. .Sa fille, Laurence Aillaud, a sculpté un gigantesque serpent, une poire, une tortue pour émailler ce labyrinthe savant voulu par Aillaud. Au-delà de l'architecture, c'est l'urbanisme d'un quartier qu'il faut regarder.



FOYER MAURICE RAVEL

 100 studios (musiciens conservatoire)

Kalisz

1978

Inséré entre deux immeubles "pyramide" conçus par le même architecte, ce foyer est occupé par les élèves du Conservatoire de Musique de Paris. Il regroupe cent studios d'une trentaine de mètres carrés ; réalisés en duplex dans un volume cubique, ils comprennent séjour, cuisinette et coin repas en bas et chambre avec salle d'eau à l'étage. Les étudiants disposent de salles de réunions, d'une bibliothèque-discothèque, et surtout d'un auditorium de 150 places. La composition se présente comme une imbrication de cubes qui se superposent sur cinq niveaux. Ces volumes, disposés en retrait ou en porte-à-faux créent un jeu de pleins et de vides particulièrement varié. Les studios sont indépendants, reliés entre eux uniquement par des circulations extérieures ; elles forment un dédale de cours, de passerelles et de coursives offrant parfois des perspectives inattendues. La construction fait appel à deux types de modules préfabriqués qui comportent des fenêtres en losange et d'autres dans les angles de mur, participant à l'originalité de l'ensemble.



LE LIBERTE

 475 logements - 19 niveaux

Kalisz

1978

Le nord du parc André-Malraux est dominé par cinq grands immeubles de forme pyramidale et apparemment similaires. Ils sont pourtant assez différents dans leurs aménagements et leurs affectations. Deux d'entre eux sont des HLM ; ils ont conservé les appellations MH1 et MH7 (Point "M", Habitation). Les autres (accession libre ou aidée, 1% patronal) furent renommés Liberté, Vallona et Central Parc. Hauts de 19 niveaux descendant en gradins, ils ménagent des vues splendides sur le parc, sur la rue ou sur La Défense avec une grande variété de plans : pas moins de 200 appartements différents pour un immeuble de 475 logements, avec des duplex, des terrasses, des jardins privatifs, des patios intérieurs, de vastes balcons... Cette diversité se retrouve sur les façades qui étaient autrefois colorées. Ces immeubles ont été conçus par Jacques Kalisz dans l'esprit de l'urbanisme fonctionaliste des années 70, avec, par exemple, une volonté de dégager le maximum d'espace pour le parc, ou le refus de créer des rues traditionnelles ouvertes aux voitures.



EDF/GDF

 33 000 m2 - 8 étages

Fainsilber, Proux et Gicquel

1979

En 1975, Adrien Fainsilber a défini pour l'EPAD des règles de composition urbaine et architecturale pour les immeubles de bureaux à réaliser rue des Trois Fontanots et rue Salvador Allende, de part et d'autre de la gare du RER Nanterre-Préfecture. C'est ce qui leur donne une unité malgré la diversité des maîtres d'œuvre. Il a lui-même construit pour EDF/GDF Ile-de-France Ouest un immeuble de ce type : huit niveaux de superstructure, un porche qui débouche sur un vaste patio intérieur paysagé, un surplomb de l'immeuble sur le trottoir, et des revêtements de façade en carreaux de céramique dans des teintes unies. Les parkings se répartissent sur trois niveaux de sous-sol, le stationnement en surface étant très limité.




COLLEGE PAUL ELUARD

 Collège 600

Gangneux, Darras et Perrot

1985

La façade principale en céramique gris-rose du Collège affiche une symétrie parfaite et un aspect peu conventionnel. De chaque côté, la montée d'un escalier en plein air cisaille le mur. Au centre, l'entrée principale est surmontée de trois "grille-fenêtres" que l'on retrouve dans tout le bâtiment. Ces grilles en béton préfabriqué, éléments de remplissage, fixent le rythme de répétition des classes (50 m2). Remplie de pavés de verre en allège ou de vitrages réfléchissant, cette grille défini une forme de fenêtre spécifique à ce collège. Le bâtiment a été lui-même imaginé pour ce site , ne reprenant que très peu d'éléments du modèle agréé par l'Education Nationale. Fermé sur le mail, il s'enroule autour d'une cour ouverte visuellement sur le parc.



HOTEL DU DEPARTEMENT

 45 000 m2

Chauvet

1986

Après la décentralisation de 1982, le Conseil Général des Hauts-de-Seine a souhaité disposer d'un bâtiment fonctionnel pour l'administration départementale et symbolique des nouveaux pouvoirs politiques. L'architecte Henri Chauvet et son équipe ont donc conçu un édifice en deux volumes identifiant ces deux rôles du Département. Le soubassement de neuf étages contient le bureau du président et des conseillers, et le bâtiment qui le surplombe abrite les bureaux et les équipements de l'administration. Le parti des façades présente une innovation originale et esthétique : chaque étage est marqué par un tube en aluminium satiné qui cache les tuyauteries de la climatisation. Sur la façade principale vient se greffer le bâtiment de la Salle des Délibérations dont les murs pignons sont constituées de grandes dalles de verre laissant apercevoir les séances du Conseil. La décoration intérieure est particulièrement soignée.



ECOLE DE DANSE DE L'OPÉRA

 9.500 m2 - 6 étages - 50 chambres - 14 classes - 10 salles de danse.

De Portzamparc

1987

"S'instruire le matin, danser l'après-midi. Et puis jouer, manger, dormir la nuit. Trois moments du jour. Trois univers, trois bâtiments, donc". C'est ainsi que Portzamparc présente son école de danse de l'Opéra de Paris. Il a voulu rendre serein cet internat pour cent cinquante élèves danseurs. La liberté et la diversité des formes, la vaste entrée transparente, le grand escalier hélicoïdal qui monte en volutes vers le toit plié, comme posé, prêt à s'envoler, la blancheur presque translucide de la façade, tout concours à alléger l'édifice. "La fragmentation du projet évite à cet internat d'être un univers obsessionnel, clos entre la chambre et la danse. Le bâtiment s'ouvre sur le dehors, côté ville et côté parc ; il s'ensuit une démultiplication des espaces intermédiaires, des ambiances". A l'intérieur, les dix salles de danse carrées sont baignées de lumière par des fenêtres toutes différentes. Les élèves dorment dans un bâtiment sinusoïdal qui s'échappe vers le Parc... L'Ecole de Danse a valu l'Equerre d'Argent à son créateur.




MH 43/44/45, 51 et 52.

 224 logements, crèche, commerces

De Portzamparc

1990/1995

Portant bien la marque de leur architecte, ces cinq immeubles de logements ont été réalisés en trois phases par de Portzamparc, dans un style et une composition qui complète l'Ecole de Danse. Par exemple, la partie courbe du MH 52 répond en diagonale à l'aile sinusoïdale de l'Ecole de Danse ; un autre bâtiment est situé dans le prolongement exact de la façade est de l'Ecole. Bien que réalisés par des maîtres d'ouvrages différents, les deux immeuble de la partie est forment un ensemble unifié, reprenant les mêmes matériaux de façade selon une composition monochrome : le bas en grès noir et les étages en glasal blanc ou gris. Des couleurs claires ravivent les balcons et les derniers niveaux en retrait. Disposés de part et d'autre de l'esplanade Charles de Gaulle, les immeubles s'ouvrent sur l'aménagement de l'artiste Dani Karavan qui va de la gare du RER jusqu'au parc André-Malraux.



ECOLE PABLO PICASSO

 Maternelle. et primaire. - équipement. sportifs

Simon et Martin-Lecointe

1990

Située en retrait de l'Avenue Pablo-Picasso, cette école maternelle et primaire est doublée d'un équipement sportif indépendant, voisin du stade Jean Guimier. Les architectes ont cherché à libérer le maximum d'espace extérieur pour les enfants ; aussi, pour réduire l'emprise et la perception de l'équipement sportif, il l'ont partiellement enterré et ils ont aménagé un plateau d'évolution sur son toit. Le groupe scolaire s'articule autour d'un vaste espace central largement éclairé par une grande verrière ; il distribue l'ensemble des locaux ouverts en courbe sur le parc par une coursive en mezzanine. Au nord, deux grandes salles de restaurant rayonnent en éventail vers le parc. Les façades sont recouvertes de carreaux blanc et beige clair à joint noir, mettant en valeur un calpinage très étudié. Conçus par les architectes, le mobilier, la décoration et les tableaux concourent à donner une ambiance claire et apaisante. La grille principale a été réalisée par l'artiste Françoise Persouyre.



ARC DE LA CHAPELLE

 77 logements HLM

Viguier et Jodry

1992

En cours d'aménagement au sud du quartier du Parc, la place de la Chapelle sera une place piétonne demi-circulaire descendant en gradins vers le parc. La chapelle St Joseph sera mise en exergue, comme sur les places de village. Les architectes ont conçu un immeuble en demi arc de cercle qui constitue une sorte d' écrin protecteur. L'Arc de la Chapelle est actuellement incomplet : seul un premier bâtiment de 77 logements est réalisés. Un deuxième comprenant 134 logements est prévu. Les façades en béton sablé de couleur pierre claire. sont rythmées par des balcons incurvés en dalle de verre . Des poteaux en avancées supportent un attique survolant l'immeuble. Le deuxième bâtiment viendra clore l'arc de cercle. La continuité sera assurée par un grand portique s'élevant sur la hauteur des six étages, laissant passer les piétons vers le parc.




C.E.A. ET VIADUC A 14

 Centre de contrôle, locaux techniques

Decq et Cornette

1996

Comment intégrer le Centre d'Exploitation des Autoroutes (CEA) sur ce un terrain situé en bord de Seine où un parc est prévu ? Odile Decq a réussi à concilier l'inconciliable. Son projet propose tout simplement de libérer le sol en suspendant les locaux de contrôle largement vitrés sous l'autoroute et d'enterrer les locaux techniques, un ascenseur reliant les deux. Collé au viaduc, le CEA -à la forme presque aérodynamique- s'affirme d'emblée comme appartenant au système routier et non au parc. Un "hall-vigie" émerge entre les deux tabliers, surgissant au-dessus du trafic, surmonté d'un mât-antenne ; un faisceau de lumière rouge pointe vers le ciel, comme un signal. Le viaduc lui-même a été entièrement retraité par l'équipe pour alléger sa structure devenue métallique et affiner la perception du tablier entièrement reprofilé. La nuit, les voitures roulent entre deux parois lumineuses : le mur antibruit en verre est devenu système d'éclairage.